“Opsis TV”, Le théâtre sans bouger de votre écran !

Pouvoir regarder des pièces de théâtre depuis chez vous quand vous voulez, c’est le service que vous propose Opsis TV. Afin de mieux comprendre ce concept inédit au monde du théâtre, nous avons voulu rencontrer Xavier Pryen, le co-fondateur de ce  qu’on pourrait appeler « Le Netflix du théâtre ».
Vive Les Artistes : Présentez nous Opsis TV

Xavier Pryen : Opsis TV est un service de VOD consacré à l’univers du théâtre. L’idée était d’éditorialiser un certain nombre de captations de spectacles vivants déjà filmées pour en faire une offre culturelle et accessible pour le grand public. On veut donner la possibilité de voir du théâtre sur des écrans à la maison. On est parti d’un catalogue qui nous appartient d’environ 150 pièces de théâtre puisque cela fait à peu près 10 ans qu’on fait de la captation de spectacles vivants. Ainsi pour 6€ par mois, l’utilisateur peut accéder à tout le contenu, que ce soit sur son ordinateur, sa tablette, son téléphone et plus tard sur sa box, (nous sommes en négociations avec les différentes box TV pour distribuer notre offre). Pour nous, c’est assez important car cela va nous permettre de toucher un public beaucoup plus large. L’idée est de donner accès au théâtre pour tous.

VLA : Pourquoi avez-vous créé cette plateforme ?

Xavier Pryen : Ayant un catalogue assez riche de captations, nous avions au départ l’idée d’une chaîne de télévision, puis, nous nous sommes rendus-compte que c’était très couteux. De plus, la plateforme de SVOD permet de voir des programmes quand on veut. Cela nous semblait plus en adéquation avec le marché actuel et l’avenir. La plate-forme est liée à un groupe qui possède des maisons d’éditions, notre société de production et le théâtre du Lucernaire, avec lequel on travaille.

VLA : D’où vient le nom ?

Xavier Pryen : Opsis en grec ancien veut dire “le regard sur scène”. Cela faisait sens de choisir ce nom. Notre slogan est « voir le théâtre autrement ». Pour nous, c’est indissociable du logo.

VLA : Que répondez vous à ceux qui vous diront que le théâtre n’est pas fait pour être vu sur un écran mais dans une salle ?

X.P : Tout simplement, c’est autre chose. On ne propose pas du tout la même expérience. Il faut continuer à aller dans les salles, voir du théâtre. Le regarder sur un écran, c’est une autre expérience. Quand on capte, il y a une adaptation audiovisuelle qui est faite, qui propose un autre regard. C’est une captation d’un spectacle qui se joue à un instant T.

VLA : Ne perd-on pas un peu de l’intensité du jeu ?

X.P : Tout dépend de la réalisation qu’on peut faire. Aujourd’hui on est dans des réalisations proches des comédiens avec des gros plans, beaucoup plus de caméras. On propose donc une expérience qui est plus en immersion au plus proche des comédiens. Je ne pense pas qu’on perde des choses. On a parfois un meilleur son et on est certainement mieux placé que lorsqu’on est tout au fond d’une salle. On ne cherche pas à avoir la même émotion que dans une salle. C’est un objet audiovisuel. On souhaite être dans une démarche très complémentaire de l’écosystème théâtral actuel.

VLA : En passant en revue votre catalogue, on s’aperçoit que l’offre que vous proposez est assez pointue et s’adresse aux érudits. Il n’y a pas vraiment de « produits d’appels ». On ne retrouve ni de one-man shows, ni de « personnes vues à la TV». Est-ce un problème de droits ?

X.P : C’est en cours. On a lancé l’offre avec notre propre catalogue et aujourd’hui nous sommes en train d’agréger et d’intégrer des droits d’autres producteurs et distributeurs. Par exemple, toute la collection « Au théâtre ce soir » qui est à l’INA.

Nous avons une rubrique de théâtre patrimonial qui donne à voir du théâtre un peu plus ancien. En Septembre, nous avons eu par exemple L’avare avec Isabelle Adjani ; en Octobre, Le mariage de Figaro avec Jean Rochefort. Petit à petit, chaque mois, on achète des droits et on les met en avant. Nous sommes en train d’intégrer du one-man show et des pièces beaucoup plus contemporaines. Il y aura des master-classes. Au fur et à mesure, il y aura des comédiens plus connus. Cela prend du temps.

Au départ, les producteurs qui ont les droits sont toujours un peu sceptiques et attendent de voir. Quand les choses sont bien lancées, on peut commencer à travailler avec eux sur le catalogue en stock et puis sur des pièces à venir. Par exemple, notre prochaine diffusion en direct qui aura lieu le 21 janvier, sera Quadrille de Sacha Guitry sur une mise en scène de Florence le Corre.

Au delà du public individuel on s’adresse également à des structures comme les maisons de retraite, les lycées et collèges… Et pour eux, c’est un outil fantastique. Pouvoir comparer deux mises en scène différentes du Mariage de Figaro, c’est génial ! Les profs peuvent montrer des extraits sur un tableau numérique interactif. C’est très simple à utiliser et ça révolutionne complètement aussi l’apprentissage. Cela devient aussi un outil au delà d’une offre culturelle.

VLA : Au niveau du théâtre musical, vers quel genre vous dirigez-vous ? Comédie musicale ? Théâtre musical ? Grands spectacles ?

X.P : On fait déjà du théâtre musical. On a envie de s’ouvrir aux grands spectacles et à la comédie musicale, mais c’est un problème de droits. Généralement, les comédies musicales sont diffuses à la télévision avec de gros partenariats. On n’y a donc pas accès où alors en fin de droits. Cela va se nouer avec des producteurs de spectacles musicaux. Nous avons prévu d’en rencontrer quelques uns. C’est effectivement un genre que l’on aimerait intégrer.

VLA : Quels sont vos objectifs en matière d’offre à moyen terme ?

X.P : L’offre à moyen terme, c’est 500 titres, tous genres confondus, d’ici quelques mois. Après l’idée, c’est d’avoir une dizaine de nouveautés par mois, la moitié en production propre et l’autre moitié en partenariat avec des producteurs.

VLA : Et en nombre d’abonnés ?

X.P : On vise 10 000 abonnés dans 3 ans grâce à notre distribution sur les box TV.

VLA : D’autres projets ?

X.P : Nous offrons déjà chaque mois, une retransmission d’une pièce en direct d’un théâtre partenaire. Nous proposerons dans le futur, la possibilité de voir des pièces en 360°. C’est une expérience pour l’utilisateur. De plus, il aura la possibilité de choisir son angle de vue de caméra sur les événements en direct. Nous souhaitons accompagner l’utilisateur dans l’univers des nouvelles technologies. On veut également continuer à « évènementialiser » la plate-forme en ne proposant pas seulement un catalogue. On a un projet avec le festival d’Avignon en juillet prochain. On espère faire un magazine quotidien sur le festival. Il y a donc tout un tas d’évènements qui viendront animer la plate-forme.


Opsis TV

Tous les renseignements sur le site internet : www.opsistv.com

Abonnement à 6€ par mois

About Benoit Tourné 37 Articles
Passionné par le théâtre et la chanson française, j'ai été formé au conservatoire d'art dramatique de Perpignan. En 2010, j'ai rejoint le site Musical Avenue (site consacré aux comédies musicales) dont j'ai été rédacteur en chef pendant 3 ans. Je lance aujourd'hui "Vive Les Artistes" pour communiquer mon amour du spectacle vivant francophone. N'hésitez pas à me contacter. benoit [point]tourne[arobase]vivelesartistes[point]com

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